Le séminaire Pharmakon en hypertexte - 2012

Séminaire Pharmakon, édition 2012

Séminaire Pharmakon, édition 2012

Bernard Stiegler

Bernard Stiegler, « Séminaire Pharmakon, édition 2012 », dans Michel Blanchut (retranscriptions), Victor Chaix (mise en page), Le séminaire Pharmakon en hypertexte - 2012 (édition augmentée), Laboratoire sur les écritures numériques, Montréal, 2026, https://pharmakon.epokhe.world/seminaire-hypertexte/2012/introduction.html.
version 3, 11/10/2026
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Description du séminaire 2012 sur pharmakon.fr

Proposé par auteur le

Nous lirons cette année parallèlement Platon et Nicholas Carr. Le choix de cet auteur contemporain peut surprendre dans un séminaire où nous nous référons plus souvent à Husserl, Simondon ou Lacan pour tenter de lire Platon et de penser après lui – à l’époque de cette machine à “poser des questions” et/ou à formuler des requêtes et à y répondre industriellement qu’est Google.

Mais précisément, Carr, en passant (à mon avis beaucoup trop vite) par Platon et Phèdre (dans The shalow, traduit en français sous le titre : Internet nous rend-il bêtes ?) vient très précisément au cœur de sujets qu’il nous faut impérativement aborder en lisant Platon d’une main et en “surfant” de l’autre sur le web pour suivre l’actualité technologique et scientifique, notamment celle du cerveau, et pour entrer à la fois :

  • dans la question de l’organologie générale et de sa pharmacologie – où l’organe physiologique central est évidemment le cerveau,

  • dans la question de la transindividuation, telle que nous avons tenté de la spécifier un peu l’an passé, que Carr précisément ne pose pas, mais qui est l’enjeu de toute “pharmacologie” en notre sens (et par contre coup, et négativement, de La République), et plus encore à l’époque des rétentions tertiaires numériques.

Je vous rappelle :

  • que le but de l’école est de participer à l’émergence de thérapeutiques de ce pharmakon qui envahit le monde à une vitesse inouïe – qui passe par celle de la lumière – et à propos duquel se développent désormais des STN (et non plus des SIC), c’est à dire : des sciences et technologies du numérique, selon le nouveau vocabulaire adopté en France à la fois la le CNRS et l’INRIA (et non plus des sciences de l’information et de la communication), ce que je rapporte quant à moi à ce qu’avec Ars Industrialis et l’IRI nous appelons les digital studies (ce sera le sujet d’un colloque que nous organiserons au Centre Pompidou au mois de décembre prochain);

  • que nous appréhendons les disciplines en général (universitaires ou non) comme de telles thérapeutiques;

  • que le but de l’école d’Epinueil est en cela de faire émerger des trames, matrices, axiomes, théorèmes, paradigmes, etc. – pour la renaissance de ce phénix qui, nommé université, s’appela aussi et d’abord skholeion et académie,

  • que ces formes de thérapeutiques collectives et contemplatives sont toujours des façon de prendre soin du pharmakon et des êtres pharmacologiques “que nous sommes nous-mêmes”, ou que nous devenons nous-mêmes,

  • que nous posons qu’une pharmacologie suppose une organologie.